Voilà ce que Paul Gauguin écrit quand il gagne la presqu'île de Tahiti où il fuit l'administration française, l'esprit "petit colon" et recherche des indigènes authentiques.
Là, au bout de la Nouvelle-Cythère, le peintre croit trouver l'essence de la vie, celle qu'il cherche depuis des années en Occident, butant contre les conventions et les interdits.
J'aime cette phrase-miroir.
Le voyage intérieur, les voyages dans les petits comme dans les grands mondes sont des miroirs, ils vous montrent votre reflet parfois distendu, parfois étranger mais souvent vrai.
"Ce fut, entre ces sauvages et moi, le commencement de l'apprivoisement. Je commençais à comprendre leur grâce réelle. Cette petite tête brune aux yeux tranquilles(...), ce petit enfant qui m'étudiait à mon insu et s'enfuit quand mon regard rencontre le sien...comme eux pour moi, j'étais un sujet d'observation, l'inconnu, celui qui ne sait ni la langue ni les usages, ni même l'industrie la plus initiale, la plus naturelle de la vie.
Comme eux pour moi, j'étais pour eux le "sauvage". Et c'est moi qui avais tort, peut-être."
Alors, voyagez, il n'y a que ça de vrai.












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