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    Je nourris le mythe de cette nouvelle-cythère accueillante ...les sixties à tahiti c'était assez fou et tendre, le temps passait sans souci entre les bringues et le lagon...du moins c'est ce qu'imagine quand j'écoute ma mère et ses amies...ou plutôt que je les vois faire la fête...

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20 juin 2009

Fantaisie pour piano, choeur et orchestre opus 80 de Beethoven, l'élan vers la joie

Je jubile quand j'écoute cette Fantaisie de Beethoven. Écrite quelques jours seulement avant le concert du 22 décembre 1808 donné au Théâtre An der Wien, Beethoven, l'a voulue comme épilogue flamboyant de cette soirée au cours de laquelle il était  interprète et chef d'orchestre.

Au-delà de la beauté de l'œuvre et de sa clarté joyeuse, cette fantaisie est une quête d'harmonie totale, un élan absolu vers la joie, une aspiration du créateur au merveilleux.

Le motu

Avec grâce, charme et douceur résonnent
Les harmonies de notre vie,
Et le sens de la beauté engendre
Les fleurs qui fleurissent éternellement.
Paix et joie avancent en parfait accord,
Comme le jeu alternant des vagues ;
Tous le éléments durs et hostiles
Se rendent au sentiment du sublime.

Lorsque règne la magie des sons
Et que parle le sacré du mot,
Cela engendre forcément le merveilleux,
La nuit et la tempête deviennent lumière,
Calme au dehors, profonde joie à l'intérieur
Règnent pour le bienheureux.
Cependant, le soleil printanier des arts
Fait naître des deux la lumière.

Quelque chose de grand, entré dans le cour,
Fleurit alors à nouveau dans toute sa beauté,
Qu'un esprit ait pris son essor,
Et tout un chour d'esprits retentit en réponse.
Acceptez donc, ô vous belles âmes,
Joyeusement les dons de l'art.
Lorsque s'unissent l'amour et la force,
La faveur des dieux récompense l'homme.

Schmeichelnd hold und lieblich klingen
unsres Lebens Harmonien,
und dem Schönheitssinn entschwingen
Blumen sich, die ewig blühn.
Fried und Freude gleiten freundlich
wie der Wellen Wechselspiel.
Was sich drängte rauh und feindlich,
ordnet sich zu Hochgefühl.

Wenn der Töne Zauber walten
und des Wortes Weihe spricht,
muss sich Herrliches gestalten,
Nacht und Stürme werden Licht.
Äuss're Ruhe, inn're Wonne
herrschen für den Glücklichen.
Doch der Künste Frühlingssonne
lässt aus beiden Licht entstehn.

Großes, das ins Herz gedrungen,
blüht dann neu und schön empor.
Hat ein Geist sich aufgeschwungen,
hallt ihm stets ein Geisterchor.
Nehmt denn hin, ihr schönen Seelen,
froh die Gaben schöner Kunst:
Wenn sich Lieb und Kraft vermählen,
lohnt den Menschen Göttergunst.

(traduction : Anne Servant, disque Philips, citée par M. Lecompte, Guide illustré de la musique symphonique de Beethoven, Fayard, p.302)



03 mai 2009

Pour Obama, les banquiers plus difficiles à "gérer" que la guerre en Irak?

Obama a déclaré lors de sa conférence de presse des 100 jours que "Si on lui disait aujourd'hui que tout ce dont il aurait à se soucier, ce serait uniquement "l'Irak, l'Afghanistan, la Corée du Nord, faire adopter une réforme de la couverture santé, trouver comment assurer l'indépendance énergétique, trouver comment traiter la question iranienne et une fièvre pandémique, j'accepterais le marché.  Mais il a souligné qu'il devait aussi s'occuper des ennuis des banques et de l'automobile. Il a reconnu ne pas pouvoir simplement "pousser un bouton pour que, d'un seul coup, les banquiers fassent exactement ce que je veux". 

Si même Obama ne sait pas comment fonctionne un banquier...a-t-on du souci à se faire? Je tâcherais d'apprécier l'humour américain...persuadée qu'un banquier reste un banquier, c'est-à-dire quelqu'un qui ne prend de risque qu'avec l'argent des autres...Suffit de le savoir...mais n'allons pas pour autant faire l'amalgame entre le chargé d'affaires d'une petite agence de province et le grand argentier capable de jongler sur le fil de la vie mondaine, en riant de sa large bouche de joker...Que disait Al Pacino de Keanu reeves dans "l'associé du diable"? "La Vanité, mon pêché favori..." 

Peut-être que la crise est aussi le signe d'une vanité collective mal maîtrisée...Je l'ignore mais en ces temps tendus, nul ne peut rester sourd aux changements qui s'opèrent. Pour ma part, je constate que le travail, les relations s'en trouvent soient compliquées soient clarifiées.
Perspective


Nous peinons à trouver une perspective et je crois que le mal est là, dans cette absence d'espace libre, gangréné par l'angoisse. Est-ce pour cela qu'on dit "serrons-nous les coudes" pour ne pas laisser de place à l'angoisse...

Pour ma part, je crée plus que jamais. Le film "Mon île Marquises" doit trouver sa dimension collective, j'y travaille le soir ainsi que sur mon roman qui devrait déjà être terminé...mais le temps n'est point à la précipitation...au contraire, oeuvrer profondément, rencontrer les complices d'un travail nourri de sens pour le partager à point nommé comme un énorme gâteau de fête.

Car après la crise viendra la fête...voilà la seule vraie perspective dont je suis sûre...




09 janvier 2009

Ondée révolutionnaire à Manihi

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Il pleut sur Manihi, une ondée torrentielle, épaisse et chaude. Le vent joue avec les nuages, sous les yeux dépités des touristes venus d’Italie, de Hollande, de Californie admirer les fonds marins. Pour passer le temps lascif, Georges, informaticien à Santa Barbara, me montre des clichés de poissons perroquets, poissons lune et requins à ponte noire tandis que sa mère m’explique l’importance de l’élevage d’oursins en Basse-Californie…pour la marché japonais naturellement ! Sur l’unique route de l’atoll, les tupa (crabes des cocotiers) courent de travers, véloces et décidés après l’humidité sacrée. Les habitants de Manihi récupèrent l’eau céleste dans d’immenses cuves de plastique sombre. Si la perle noire abonde de beauté dans le lagon, l’eau douce demeure aussi précieuse. Cette pensée effrite toute velléité égoïste. Le soleil, de toutes façons, reviendra avec la marée. 

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Lundi, les enfants de Manihi retrouveront le chemin de l’école tandis que les plus âgés iront au collège à Rangiroa ou à Tahiti...Je songe à ces générations d’enfants qui doivent quitter leurs parents pour continuer leur scolarité…moi aussi j’ai fait ce chemin avant eux. Le pensionnat loin de ma famille au Lycée Notre-Dame des Oiseaux. Ensuite, des études que mes parents ne croyaient pas possibles près d’eux. Bien sûr, à l’époque, ils avaient raison. Mais la scolarité ne peut pas compenser le déracinement. Pourquoi, des enfants doivent ils à leur tour effectuer ce chemin pénible, pavé de solitude et de sacrifices ? A l’heure de l’Internet et du travail à distance, je frémis de désir révolutionnaire ! 

22 décembre 2008

22 voilà l'hiver, mon anniversaire et la nuit la plus longue!

Débarquement goree  Marche pecheurs dakarLendemain de solstice, jour le plus court sous nos latitudes...jour d'anniversaire où j'aime m'évader avec les miens loin de nos habitudes. Nous jouons un jeu oscillant entre passé et avenir, est-ce le temps des bilans, cette fin d'année qui annonce le recommencement?

2008 fut extravagante, lourde en bonnes et mauvaises surprises. C'est ainsi...

Le 22 décembre, je n'évalue rien, je pense à Dakar, ma ville natale, je m'habille comme ma fille le prévoit (j'ai échappé au débardeur à paillettes dorées...) et nous faisons ce qu'il me plaît...

Les miens vivent au temps présent...heureusement la nuit sera longue...des farfelus l'ont même baptisée la nuit du "global orgasm"! http://www.globalorgasm.org (c'était à minuit et 4 minutes...) ou "faites l'amour, c'est pour la bonne cause!"...comme s'il nous fallait un prétexte!!!

Joyeux hiver, Joyeux Noël, fêtes gaies et ressourçantes à vous tous!





21 décembre 2008

Rivage marquisien, sous les nuées, le rêve d'un film

 


Mon cœur est déjà parti, emportant mes idées et mes rêves aux Marquises.
Le jour, je boucle, j'organise mes dossiers, la nuit je tourne mon film. J'entends les voix de mes personnages témoins, je sens l'humide chaleur sur mon visage, le parfum du pani (monoï) que ma mère prépare dans son jardin. Mes rêves ont pris cette teinte insulaire si difficile à défaire... Je chéris la patience car elle se fait rare en cette fin d'année...Je suis comme le cheval qui veut s'ébattre dans son champ préféré avant la grande course. Bientôt les jours grandiront mais si près de l'équateur, je m'en moquerai...j'aime déjà les images que nous allons tourner...et les mots qui vont les enrober...
Arrivée de la Marine aux Marquises


11 décembre 2008

Hâte aux Marquises!

Baie avec chevaux
Au téléphone, la voix de ma mère divague en poésie sur les petits riens du quotidien marquisien. Elle vit à Taiohae, Nuku-Hiva, chef lieu des îles Marquises. "Les requins sont là, ils tournent dans la baie depuis la dernière lune, la descente des animaux les dérange dans le grand océan, la terre se réchauffe, on le sent ici" Bien sûr que l'on sent ce que la terre veut nous dire, sur notre île sans attache que ce bouclier volcanique millénaire. J'ai hâte aux Marquises, retrouver mon épicentre, regarder ma mère et  mes proches, les filmer, partager avec vous ce regard.

Le solstice d'hiver annonce ses promesses vives et chaleureuses comme une belle flambée de cheminée! Bientôt je serai chez moi à filmer mon petit monde. Enfin livrer mon regard à la réalité. Merci ma fée productrice!

09 décembre 2008

Philippe Delerm ou l'automne de miel

P1030910 C'est vrai qu'il n'y a plus de printemps; l'hiver se traîne jusqu'à l'été bien vague.
En octobre tout se ressemble un peu. Sur les allées de pin, c'est l'été qui recommence à plein ciel bleu; mais sur les chênes, les bouleaux, de miel et d'ambre la lumière flambe longue, belle doucement comme une femme de trente ans qui n'en finit pas de mourir et te ressemble. Couleur saison, tu es l'automne, et sous le plein ciel bleu l'ambre et le miel s'endorment.

La cinquième saison paru aux éditions du rocher

16 septembre 2008

nouveau roman, nouveau voyage

Photo_004_2_3 Je vois ce livre en couleur, un bleu vert, d’une transparence trompeuse, la suave couleur de l’eau invite à tremper les pieds, les genoux, elle est si douce, j’avance, je me prélasse. Je n’ai pas conscience que je pénètre un territoire vierge. Je n’ai pas peur. Bientôt, je n’ai plus pied, mes jambes battent en se frôlant, j’entre dans un monde étrange, le poids n’a plus la même importance, la façon de se mouvoir, de respirer, tout est différent. Je suis curieuse. C’est le premier voyage. Je ferme les yeux, mes oreilles résonnent, ma langue est quiète, la couleur bleue envahit mon cerveau. Je suis dans une mer de souvenirs, immergée.

11 septembre 2008

Silence, on commémore

Aujourd'hui 11 septembre, je vais travailler, aucune bombe n'explose sur ma route, aucun avion ne percute la fenêtre de mon bureau, je ne croise aucun terroriste ceint de dynamite. Je réalise ma chance. Je n'écoute pas les informations, aucune envie de frelater cette journée de discours ressassés, de chiffres, des statistiques. Le silence a des vertus que les medias ignorent.

Un autre jour de septembre, une autre année, je suis à Tel-Aviv. Nous nous rendons au siège d'un important groupe de télécommunications israëlien. Des mois que nous travaillons le contrat. Nos paroles sont serrées d'espérances. Le chauffeur augmente le volume de la radio sans nous demander notre avis. Au moment de passer sous un pont, il coupe le moteur et, sans enlever la clé, sort de la voiture. Que fait-il? Autour de nous, les voitures s'arrêtent une à une. Les conducteurs se tiennent droit comme des soldats, regards rivés dans la même direction. Je sors à mon tour. Notre chauffeur de taxi ne prend pas la peine de nous expliquer ce qui se passe. La radio continue à beugler. Soudain, je le sens, il m'étreint, me serre la gorge, appuie sur mon coeur, le silence. Voilà ce que la mort laisse derrière elle, quand elle frappe, arbitraire, brutale. Aucun bruit si ce n'est celui de la nature qui perdure. Les machines, les hommes se sont tus.

Plus tard, dans les grands yeux bleux de notre client, je comprends que le pays entier commémorre la guerre du Kippour et que le silence vaut tous les discours.

06 septembre 2008

Fiu ou le spleen polynésien

Arrive_de_la_marine_aux_marquises_2 "Je suis fiu", "c'est fiu la pluie", fiu, trois lettres pour exprimer le spleen polynésien. Qui nous oblige à être tous les jours efficaces? Bien sûr le travail a ses vertus, l'amour aussi...les gens du continent assimilent souvent (à tort) le fiu est à la paresse des gens des îles...comme si les gens du continent étaient sans cesse ardents...

Je vois les choses différemment. Le Fiu est une sagesse, une forme d'hédonisme. Petite, j'entends souvent ma mère soupirer "je suis fiu" en caressant ses longs cheveux. Plus qu'un moment de faiblesse, j'en retiens la beauté, la finesse.

Adulte, je donne raison au fiu. Il est plus doux de se laisser aller à ses états d'âmes plutôt que de les nier à coups de semonces et de conventions. Le corps et l'esprit aiment se délasser. Sur l'île de mon enfance, à Nuku-Hiva, ce savoir se transmet naturellement. Le temps, pourquoi s'en faire un adversaire? Des jours, le temps va tranquille, d'autres, il nous malmène...et alors? Point besoin de se lutter contre lui...exit les combats perdus d'avance.

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