Quand on manifeste le samedi à Montréal, c'est après 17h, l'heure de fermeture des magasins, les policiers informés ont bloqué les rues pour éviter de gêner les automoblistes. Seuls les flâneurs comme moi ont eu le loisir d'un spectacle de rue original.
Je papote au sujet du festival de photographie contemporaine de Montréal et soudain, je vois des énergumènes brandir leur deux-roues avec fougue. Un harangueur parle dans son haut-parleur des nuisances automobiles, du danger que les cyclistes courent...etc pendant que ses acolytes s'allongent parterre, comme blessés.
Je m'approche, amusée, et réalise que certains ont même maquillé eurs avant-bras pour imiter le sang, d'autres ont bandé leur tête, quelqu'uns expriment leur talent de comédien en râlant de souffrance au travers de masques à gaz (si, si vous lisez bien!).
Tandis que d'autres ne résistent pas à la tentation de photographier leurs pairs.

Dix minutes de happening au milieu des gratte-ciels brillants.
Puis chacun se relève sous les regards médusés de l'assistance et applaudit.
L'homme au haut-parleur rappelle que c'est un avertissement. La prochaine fois sera peut-être fatale et réelle pour la plupart d'entre nous!
Au secours! Respirons!
Franchement, est-ce bien raisonnable de défendre une cause en montant les gens contre les autres?
Au risque de paraître naïve, il n'y a pas d'un côté les méchants automobilistes, motards ou autres énergumènes sur engin à moteur et de l'autre, les gentils écolos à vélo ou à pied...Chacun d'entre nous fait partie des deux catégories, en voilà la meilleure preuve...
Est-il possible de le comprendre ou de le faire comprendre sans prophétiser notre disparition (et de toutes façons inéluctable) prochaine?
Point besoin d'avoir peur pour respecter et aimer.
Point besoin de faire peur pour convaincre.
Voilà mon crédo.
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